Etourdissement


Ce tableau est le point de départ d’une série sur laquelle j’ai travaillé ces derniers mois.

A l’origine d’ Etourdissement, il s’agissait juste de parler de ces moments de vertige, quand, entourés par le bruit, la vitesse, la lumière de nos villes, il y a comme un trop-plein pour les sens.

Une envie d’être sourd et de pouvoir ralentir toutes ces images qui filent à travers nous.

Je me suis donc posé la question du contraste entre vitesse et immobilité, accentué par le fait qu’autour de la figure, tout est en mouvement, même les immeubles qui ne laissent entrevoir qu’un bout de ciel.

La fuite


Ce tableau en a donné un autre, inversé en quelque sorte, La fuite, puisqu’ici tout est parfaitement immobile sauf cette voiture solitaire qui s’en va.

La fuite et les quelques tableaux suivants sont inspirés d’une série de photos faite un peu au jugé d’une voiture, au coucher du soleil, le long de la côte normande. J’y ai travaillé plus que d’habitude les maisons, les lampadaires, la route…

Ce qui lui a donné une forme qui guettait déjà depuis longtemps chez moi, une influence graphique évidente, celle de la bande dessinée.

Je dois dire qu’il y a quelques albums qui font partie de ma culture au même titre que des grands tableaux ou des grands romans, que cela soit Hugo Pratt, Tardi, Bilal ou Taniguchi plus récemment (pour ne citer que ceux qui me viennent les premiers à l’esprit).

Comme un voyage à rebours…


J’ai donc introduit dans certains tableaux, depuis, des phrases dans des cartouches blancs ou gris.

Le tout est de trouver des phrases qui ne soient pas descriptives de ce que représente le tableau mais qui peuvent en enrichir le sens, faire se questionner le spectateur, qu’il enrichisse sa vision par le pouvoir qu’ont les mots.

Il avait dû y avoir un dérapage quelque part


Parallèlement à ça, j’ai poursuivi une thématique à laquelle je reviens régulièrement ( dans laquelle Etourdissement s’inscrivait), sur les lumières de la ville.

Je peins souvent des boutiques violemment éclairées, des coins de rues illuminées…

Toute cette débauche de néons, lampadaires, vitrines, publicités, écrans de toutes sortes qui peuvent nous engloutir.

Le baiser


Je me suis dit qu’il serait intéressant d’appliquer ces lumières tellement actuelles, dans notre monde où l’obscurité se fait rare, à des paysages dans la nature. L’idée m’en est venue lors d’un voyage en Martinique l’hiver dernier ; j’ai essayé de peindre sur place sans grand résultat, la lumière étant insaisissable là-bas : soit constamment changeante, soit tellement forte que tout en est écrasé. Quelques temps après ce voyage, je me suis rendu compte que les souvenirs qui me restaient étaient autant des souvenirs de jours que de nuits (la nuit tombe tôt et très vite). Il m’a semblé que c’était une bonne façon de donner à ressentir ces paysages en les éclairant de manière très crue tout en les situant de nuit.

L’enfant


Une fois ce tableau (L’enfant) achevé, il m’a semblé que cette manière pouvait s’appliquer à tout paysage, parce que représentative de notre lumière du monde. L’homme a toujours eu peur du noir et le voilà qui s’essaie à illuminer la terre dans ses moindres recoins…

L’impasse

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